CRITIQUES SUR LES ŒUVRES de JEAN-LOUIS PETIT

LE SECRET DE LA MORT

Le temps fort du concert est une création de Jean-Louis Petit dédié à Luc et Petra Antonini et à Francis Dudziak : “Le secret de la mort”, d’après “Le Prophète” de Khalil Gilbran. Il nous invite à “boire à la rivière du silence”, en s’arrêtant aux dissonances suggérées, échappées dans l’espace sur un rythme haletant, une composition qui magnifie le texte. L’orgue accompagne les voix entremêlées qui posent sur les lèvres “le charbon ardent” des prophètes.
A-H (Avignon, 11-07-2009)

LES VÊPRES DE JEANNE – II

L’œuvre la plus surprenante est celle de Jean-Louis Petit, Les “Vêpres de Jeanne – II”. On connaissait de Petit son infatigable travail de défenseur de la musique française d’aujourd’hui à la tête de son Atelier de Ville d’Avray,, travail qui occulte trop son activité de compositeur. Ses rapports suivis avec MUSICA VIVA de New York lui permettent de nous livrer une œuvre spécialement conçue pour cet ensemble. C’est une grande réussite, faisant suite à des “Vêpres de Jeanne – I” pour choeur d’enfants et ensemble instrumental. L’univers musical de Jean-Louis Petit est si personnel qu’il est bien difficile de comparer son style à tel ou tel courant actuel. On peut y voir comme un lointain cousinage avec un Honegger ayant récolté certaines techniques de Schönberg. Il ne reste qu’à se laisser entraîner par les accents d’une musique où la sincérité s’exprime en une
langue élaborée.

François Vercken (Le Monde de la Musique)

Jean-Lois Petit est évidemment plus moderne, faisant une large place à la dissonance, mais en vrai musicien soucieux de l’architecture et du discours, traitant bien le choral.
Jean Malraye (Le Journal de la CMF)

TROVU SEMPRE A MO STRADA IN DE A MACCHIA – II

L’œuvre que Jean-Louis Petit composa en 1980 sous le titre “Trovu sempre a mo strada in de a macchia – II” (Je trouve toujours mon chemin dans le maquis) enchaîne des tracés linéaires individualisés et agence des figures mobiles dans une rythmique malléable qui sollicite l’extrême précision du jeu et trouve son homogénéité dans la maîtrise de la pensée polyphonique.
Pierrette Germain

LA CLE DE L’EAU

Jean-Louis Petit, avec “La clé de l’Eau”, écrit une musique rythmée, dédiée à Stravinsky, qui se termine de façon carrément déchirante

Théophil Hammer (Heilbronner Stimme)
Par des répétitions quasi obsessionnelles Jean-Louis Petit fait revivre le noble souvenir de Stravinsky avec sa vigoureuse “Clé de l’Eau” Elisabeth Sikora (Diapason) Il est difficile d’avoir un jugement sur une œuvre entièrement nouvelle, mais cette œuvre entraîna les
applaudissements prolongés de l’auditoire important. Je ne sais si ces applaudissements allaient à l’œuvre ou à la technique des exécutants, il est impossible de le dire. On pourrait soupçonner qu’une partie de ces applaudissements saluait le courage dont ils ont fait preuve dans l’audace de présenter cette œuvre pour la première fois.
Histrio (Evening Press)

MONOLOGUE – DIALOGUE

Indépendamment de quelques échos romantiques (l’œuvre est conçue comme un hommage à Robert Schumann) c’est une composition de haut niveau. Comme son titre l’indique, elle confie aux divers musiciens des passages en solo, puis les rassemble pour un jeu collectif homogène. Elle réunit des passages délicatement romantiques ou vivement harcelés, puis s’arrête brusquement. Cette œuvre illustrant la musique française
actuelle fur saluée par des applaudissements très chaleureux. Tiroler Zeitung – (Innsbruck)

Jean-Louis Petit a réussi à écrire une composition poétique, d’une élégance bien française, riche en inspiration et qui s’exprime dans un langage moderne – utilisant, entre autres, la dimention aléatoire : un morceau qui mérite bien les applaudissements non seulement polis mais vraiment chaleureux que le public lui prodigua.
Johannes Hoffer (Neue Tiroler Zeitung)

TROIS PRIVILEGES

Le premier des “Trois privilèges”, le Beauté, est une marche rapide et joyeuse mettant en vedette quelques épisodes populistes pour le clarinette. “L’intelligence” est un mouvement lent, un court interlude avant que “La Sagesse” ne tisse son prosaïque matériau dans une tarentelle concluant une œuvre très courte mais agréable,
superbement exécutée.
Christopher Morley (Birmingham Post)

FRAGMENTS 19

“Fragments 19” comprend trois brèves parties qui furent interprétées avec véhémence, virtuosité et une plénitude sonore rare par la violoniste Caroline Ritchot et le violoncelliste Jacques Wiederker. Œuvre admirable au demeurant, alliant l’énergie et la singularité à la plus évidente nécessité interne.           Francis Cousté (L’Education Musicale)

SEXUS

Cette œuvre soutient l’intérêt à travers la variété des contrastes entre le soliste et l’orchestre. Elle est assurément contemporaine dans sa nature profonde, mais sa fluidité mélodique captive l’attention, ce qui n’est pas toujours le cas dans la musique du XXème siècle.
Sara Kennedy (The Daily Gleaner)

TROISIEME QUATUOR

Sur le même disque, deux autres quatuors : celui de Daniel Lesur (une Suite pour quatuor), une œuvre très forte, comparable, elle, aux quatuors de Bartok, qui fut écrite à la mémoire de Marc Legrand, X 35, frère de cinq autres camarades, tombé au combat en mai 1940 ; et le 3ème Quatuor de Jean-Louis Petit, plus difficile d’écoute, mais dont le mouvement central est un petit diamant.
x-musique.polytechnique.org/pub/disco/disco01.html – 54k
* « Répertoire » n°143 (février 2001) – Critique de Jacques BONNAURE (p.71)
* « La Jaune et la Rouge » -février 2001 – « discographie » – article de Jean SALMONA (p.59)
* « Le monde de la musique » – n°252 (mars 2001) – Critique de Jean ROY (p.97)
* « Diapason » (avril 2001) – Critique de Jean-Yves BRAS (p.120)
* « ConcertoNet.com », the Classical Music Network (30/05/2001), article de Philippe HERLIN

DANS LA PENOMBRE, EN FACE

Un texte noté se confond avec une improvisation libre, une recherche de possibilités sonores plus vastes, un état de tension crépitante, des êtres vivants effrayés qui raclent, qui hurlent, qui grincent : une image sonore réussie. Cette œuvre nous a fait jeter un regard sur un autre monde, celui des âmes tourmentées. Une merveilleuse représentation qui a dépassé le traditionnel.
Gh. (Kleine Zeitung – Klagenfurt

La création de Jean-Louis Petit invente avec les instruments classiques une nuée de bruits de coulisses évocateurs d’un film à suspense psychologique ; en fait tout un drame en soi. L’incertain était conjuré, place
était faite à la peur et à l’angoisse. Une représentation sonore de grincements, de gémissements et de hurlements commandée par la partition. C’était une atmosphère de névrose et même de folie. Est-ce seulement un écart de la musique ? Est-ce une nouvelle voie ? Telle est la question.
V.M. (Kartner Tageszeitung)

Remarquons que l’année de décès des deux premiers compositeurs inscrits au programme correspond à l’année de naissance du dernier. Tous un monde sépare ces deux générations. S’agit-il d’une suite logique, ou bien est-ce une cassure aboutissant à la négation totale du passé dont la cause serait la saturation ? “Dans la pénombre, en face” doit, d’après les intentions de Jean-Louis Petit, provoquer une athmosphère de
tension et de peur. Le résultat est parfaitement réussi. Cette expression musicale a une longue vie devant elle, jusqu’à ce que l’on revienne à un art plus traditionnel. L’œuvre explore une partie de cette voie. Le grincement des cordes, les rugissements des vents, les gémissements et les hurlements du piano se développent et prennent forme, puis tout se perd dans le chaos et la résignation.
Adolf Frühberger (Volkszeitung klagenfurt)

TRACES II

Jean-Louis Petit (1937) : Traces II pour piano à 6 mains, (Edition Dohr 27454).
Plus encore qu’à 4 mains, il faut à la musique de piano à 6 mains des impulsions intelligentes pour faire sortir ce  genre de l’ombre, soit d’une manière amusante, soit en le limitant à son aspect pédagogique. Jean-Louis Petit nous propose d’écouter ses « Traces II ». Une condition pourrait être, bien sûr, d’avoir les oreilles ouvertes au charme du monde du “son français” de l’impressionnisme et du post-impressionnisme. Petit se
rattache quant à lui, dans sa méthode de travail, et selon ses propres déclarations, aux modèles d’Olivier Messiaen (« Modes mélodiques ») et d’Arnold Schönberg (séries de 12 sons) Faisant succéder indépendamment de courts soli dans des unités de dialogue étroitement connectées en réseau, ou même intentionnellement séparées et dérivant comme dans la dernière partie, et aussi en synchronisme, certains passages intègrent les six mains des interprètes dans de rapides unissons, comme aiguisés au couteau, et dans des cascades de figures complexes.  La coopération très disciplinée des trois interprètes est nécessaire dans la même évaluation. La présentation des différents mouvements dans l’édition de Dohr laisse quelque chose dans l’obscurité : le titre « IV. Déconstruction » (Page.47) devrait signifier logiquement qu’il se rapporte aux partie I jusqu’à III.
Cependant les sections ainsi indiquées ne sont pas mentionnées.
Klaus Börner.NMZ (Neue Muzikzeitung) juillet aout 2008

C’est pour une fois une petite musique jolie qui ne veut pas du tout apporter beaucoup plus que le fait    d’entretenir l’auditeur et les interprètes dans une ambiance agréable – si l’on considère ainsi les “Bagatelles” de Webern ou « Le Marteau sans maître » de Boulez, comme des exemples du “bien chanté” (ou, pour les lecteurs qui sont nés avant 1945 : les « Chants de la terre et du ciel » de Messiaen ou les « Chansons madécasses » de
Ravel.) « Traces II”, écrit en 2006, est l’exemple parfait d’une musique amusante et bien vivante – d’une clarté tout simplement latine et avec beaucoup de plaisanteries de jeu, sans renoncer pour cela aux dissonances crispantes. Avec cela, toute l’affaire est structurée avec rigueur – et se base sur deux modèles éprouvés de la nouvelle
musique : les « modes de valeurs » d’Olivier Messiaen, le professeur de Petit, et la technique à 12 sons de Schönberg. C’est de la synthèse de ces ingrédients, qui paraissent mathématiques, mais tout simplement classiques, que découle cette musique claire et gaie qui correspond aux intentions de son inventeur qui a su
écrire un assortiment de piano transparent et expressif, même avec six mains. Ceux qui veulent se risquer à interprèter « Traces II » doivent disposer d’une technique de jeu approfondie et d’une expérience confirmée dans l’interprétation de la nouvelle musique.
J’ai déjà mentionné je que je trouve excessif le prix de plus de 30 euros de la partition, pour un cahier étroit de qualité d’impression minimale.
Degré de difficulté : 5-6.
Manuel Köster (Piano News 3/08)

LE DERNIER JOUR

La pièce suivante était du compositeur Jean-Louis Petit, élève de Messiaen et était écrite spécialement pour la violoncelliste Marie-Paule Milone qui excelle également dans le domaine du chant lyrique. La particularité de la pièce étant qu’elle fait appel aux deux compétences de Marie-Paule: écrite pour violoncelle et chant
simultanément. Belle prouesse technique, ou pari réussi. Publié par Sebastien Dupuis heure 2/23/2009 11:32:00 AM 0 commentaires

SYMPHONIE POUR CORDES

Cette “Symphonie pour cordes”, qui est plutôt un concerto pour orchestre à cordes, contraste par son écriture avec tout ce qui précède dans le programme. Elle se compose de trois mouvements. De rythme agité, des thèmes brefs et caractéristiques se suivent et se développent explicitement tout en évitant de se reposer, de respirer ou de s’attarder expressivo. La tension persiste même dans le mouvement lent du milieu. L’harmonie agressive de cette symphonie se complait dans l’emploi insistant de secondes diminuées qui soulignent les rythmes inquiets d’une composition impossible à apprécier après une seule et première audition. Peregrinus (l’Alsace)
Cette composition moderne est choquante pour une oreille musicale habituée aux harmonies classiques. Le public du jeudi, peut-être mieux préparé, aurait pu apprécier davantage ce nouveau né un peu déroutant.
X. (Les dernières Nouvelles d’Alsace)

FANFARES POUR CLUNY

Les qualités de direction de Jean-Louis Petit sont le reflet de sa sensibilité de  compositeur. Les Fanfares nous l’ont prouvé, mêlant avec aisance le classicisme passé à des recherches plus personnelles.
X. (Le Régional d’Ile de France)

ETOILES (Etude pour orchestre)

Dernière œuvre en date d’un compositeur dans la cinquantaine dont on a encore peu parlé ou écrit. La construction s’apparente, comme l’a dit le programme, au “concerto grosso” du XVIIème siècle, les parties solistes alternant avec l’ensemble, le “ripieno” selon la désignation italienne de l’époque. Elle équilibre fort bien les divers registres de l’orchestre dans un jeu plaisant, lumineux, où les exécutants m’ont paru tout à fait en
accord avec l’auteur.
Jean-Claude Jaccard (Vevey-Hebdo)

DISQUE REM

L’écoute des sept œuvres de Jean-Louis Petit enregistrées ici laisse perplexe. Cette musique discursive (et il en existe de moins en moins), atonale (et même parfois “viennoise”), qui ne fait aucune concession aux modes de notre époque, qui ne dédaigne pas d’être mélodique et même lyrique, souffre d’une absence de polyphonie que son matériau induirait pourtant, et s’englue dans des tics d’écriture qui rappellent les pires moments du post-sérialisme (contrastes abrupts, discours fragmentés, brisures d’expressivité, figures rapides, ruptures de la
dynamique du discours), quand elle ne se laisse pas prendre à ses propres pièges (plages homophoniques d’accords, longs passages en notes égales, échanges rapides de brefs motifs pour la plupart bâtis de même, emploi abusif de figures fusées). De fait, il manque à cette musique l’art de la transition que le grand aîné auquel elle semble rendre hommage (Schönberg) possédait si bien. Absente aussi, la rigueur de la courbe générale, dont porte témoignage l’écriture même, soit au travers de trop-plein d’idées que déploie le compo-siteur, soit à cause de la minceur de ces dernières qui y sont alors par trop systématiques. Aussi, si l’on n’a encore cité aucune des œuvres de Jean-Louis Petit, c’est qu’il n’y a, tout au long de ces onze années de production, aucune évolution notoire du langage et que tous les aspects décrits ci-dessus s’y retrouvent plus ou moins. Cela dit, en un temps où, en musique contemporaine, le n’importe quoi est devenu une variété de l’hybris
moderne, le travail de Jean-Louis Petit reste respectable.
Alain Féron (Diapason)

“INVERSO II”

Mas a grata surpresa estava reservada para o final, na apresentação de « Inverso II », de Jean-Louis Petit. Composta especialmente para a Rio Camerata em maio de 2002, é obra moderna, atonal e ali realizava-se sua primeira apresentação mundial.
Antes o maestro, também professor, advertiu-nos para abandonarmos o « ouvido melódico » e exercitarmos a percepção dos efeitos sonoros entre os instrumentos. E que belos efeitos ouvimos. A difícil composição foi apresentada com virtuosismo digno das grandes orquestras brasileiras. Os pouco mais de cinco minutos de atonalismo fizeram-nos ir, em pensamento, até a Sala São Paulo. Antonio Campos Monteiro Neto em 24/10/2002) “TE DEUM”
The Te Deum is a hymn of raise that has attracted com osers throughout the history of oly honic music. The irresistable exhuberance of its o ening is well-ex ressed in J-L.Petit’s work in a shar ly-echted
ronouncement of those first words. Its almost ercussi e effect is admirabily suited to the task at hand. The excitement defined by the o ening text and music is an undercurrent for the total work, e en with the ariation of textual moods.
J-L.Petit writes in a style that seems almost the antithesis of what we consider “ ocal”, yet when ro erly iewed is uncom romising in being true to his ision.Where distinct harmonies juxta ose they seem to ex and in effect, through olytonality One mau hear simultaneously clusters of souds, multi le harmonies and melodic direction ; in short, a ery com lex texture that com els the listener to focus on the text and its liturgical ur ose as a defining force.
Miriam S.Michel le 3ème Quatuor de Jean-Louis Petit, plus difficile d’écoute, mais dont le mouvement central est un petit diamant. (Revue net des anciens élèves de polytechnique)